La lose à la française : toute une culture

Chaque système a toujours les défauts de ses qualités. Le système de solidarité français, si exceptionnel que les citoyens du monde entier nous l’envient, a, lui ce côté “éduquons-nous à la lose” qui me fascinera toujours. J’en ai vécu un nouvel exemple la semaine passée.

La qualité du système : je vis depuis maintenant 18 mois au crochet de l’Etat et de ce fantastique système d’Assedic. Même si je ne suis pas un de ses fervents admirateurs, il faut reconnaître à Nicolas Sarkozy cette mesure à l’époque où il était ministre de l’économie : auparavant, quand tu montais ta boite, tu étais automatiquement privé de toutes formes d’indemnités sociales, même en cas de chômage de longue durée. Ca n’incitait pas franchement à créer son entreprise. Depuis quelques années - je n’ai plus la date en tête - on peut toucher des assedic en tant que créateur.

Ayant bossé de longues années dans le privé, j’ai donc eu droit en démissionnant - après quelques mois d’examen de dossier - à toucher ses indemnités qui m’ont vraiment aidé à démarrer ma boite sans me préoccuper de me payer - et même de réinvestir l’argent gagné durant le lancement pour créer quasiment un emploi à temps complet à deux rédactrices.

Le défaut du système : je reçois début juillet un courrier m’indiquant qu’il me reste 180 jours de droits ASSEDIC. De quoi me donner jusqu’à la fin de l’année, me dis-je, avant de me payer sur ma boite. Le plan fonctionne à merveille, fantastique. Début juillet, pas de trace de sous provenant des assedics. Bizarre. Je finis par appeler, et là, une sympathique dame m’explique, qu’en effet, j’ai droit à 18 mois d’indemnités, mais que les 180 jours qu’il me reste me sont gardés au chaud, au cas où mon entreprise périclite.
J’ai eu beau lui expliquer que je n’avais pas l’ambition pour ma boite qu’elle ferme, que ces sous-là, j’en avais plutôt besoin là maintenant, plutôt qu’après avoir fermé ma boite, et que sans aucun doute, ce système étrange allait contribuer à la mettre en difficulté… “c’est un matelas au cas où ça se passe mal”, m’a-t-elle répondu.

Haha. Comment lui expliquer que quand on lance une boite, on n’envisage même pas que ça se passe mal ?…

Ils sont toujours très très axés sur la communication en plus dans ces cas là…
J’ai eu le tour avec la CAF… j’aurai du leur renvoyer un papier de declaration d’impot… Sauf que 1- je n’étais pas au courant et 2- ils ne m’ont jamais envoyé le dit papier…
Et bien je l’ai appris le jour où je me suis retrouvée à 200€ de découvert comme une couillone :p Une régularisation ? Oh, vous savez faut compter bien 2 mois… Comment vous faites ? Bah vous vous démmerdez pardi !

Commentaire par Moossye — Jeudi 20 septembre 2007 @ 1:22

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